Les Catalyseurs de Changement de l'IRAC - Heather Button | Institut royal d'architecture du Canada

 

Les Catalyseurs de Changement de l'IRAC - Heather Button

Janvier 2026

Pour célébrer et reconnaître les bénévoles de l’IRAC, nous sommes heureux de vous présenter Heather Button, MRAIC.

Merci, Heather!
 

1. Pourquoi avez-vous décidé de devenir architecte?

À six ans, lorsque mes parents ont acheté une maison de banlieue sur plan, nous allions marcher sur le chantier de charpente, ce qui me fascinait. Il existe une photo de moi avec mon père. À douze ans, je concevais déjà des maisons et des vêtements, mais je n’étais pas une artiste visuelle. J’ai plutôt fréquenté une école secondaire artistique spécialisée en musique. Ma mère m’a emmenée visiter des universités locales dans la région du Grand Toronto (GTA), et je me souviens d’être entrée à l’École d’architecture de l’Université de Toronto, d’avoir vu un modèle de charpente à l’échelle exposé pour la journée portes ouvertes et de m’être dit… c’est une carrière? J’ai commencé à me renseigner sur les programmes et j’ai posé ma candidature l’année suivante.

Une formation en architecture est excellente pour de nombreuses carrières. Je serai toujours reconnaissante envers le programme coopératif qui m’a permis d’acquérir de l’expérience en cabinet et de comprendre en quoi consistait réellement la profession. J’ai obtenu mon permis et je suis devenue architecte en raison des changements positifs que nous pouvons apporter au public. Nous influençons tout, des trottoirs sur lesquels nous marchons aux espaces où les gens vivent et se sentent en sécurité. Même des rénovations mineures permettent souvent de mettre les bâtiments aux normes actuelles, ce qui améliore l’accessibilité.

2. Depuis combien de temps êtes-vous membre de l’IRAC et quelle est, selon vous, la valeur de votre adhésion?

Je suis membre depuis 2019. La valeur de l’adhésion à l’IRAC réside dans sa mission, qui consiste à provoquer de véritables changements tout en célébrant l’architecture dans toutes les façons dont elle influence la culture. Mon adhésion me permet d’entrer en contact avec des personnes à l’échelle nationale qui font des choses intéressantes dans d’autres provinces et dont les expériences peuvent inspirer des apprentissages utiles dans la région où je travaille. De plus, il y a quelque chose de formidable à découvrir différentes régions du Canada à chaque conférence.

3. Pourquoi faites-vous du bénévolat pour l’IRAC?

Je veux d’abord expliquer pourquoi il est important de faire du bénévolat. Bien sûr, il existe d’innombrables exigences sur notre temps. Mais nous possédons une expertise précieuse pour la collectivité, ainsi qu’une formation qui nous aide à naviguer dans des relations humaines complexes. Le bénévolat nous offre l’occasion d’entrer en contact avec des personnes partageant les mêmes valeurs et désireuses de créer le changement qu’elles imaginent. Je peux affirmer sans hésitation que chaque fois que je fais du bénévolat pour une cause qui me rejoint, je me sens récompensée et j’en retire de l’inspiration, de la sagesse et des perspectives nouvelles.

Faire du bénévolat pour l’IRAC est une excellente façon de créer des changements au Canada. Pour moi, le bénévolat par l’entremise de l’IRAC me relie aux personnes qui proposent des changements et qui occupent des postes où se définissent les normes que nous devons respecter ou dépasser lorsque nous concevons des bâtiments. Comme l’IRAC est un organisme national, nous pouvons tirer parti de cette interconnexion pour faire pression auprès des gouvernements afin d’obtenir les changements nécessaires à tous les niveaux : municipal, provincial et fédéral. Et c’est souvent le gouvernement fédéral qui influence les provinces à apporter des changements ayant un impact sur la façon dont nous construisons.

4. Qu’est-ce que vous trouvez le plus difficile dans le travail d’architecte?

Ce qui est le plus difficile dans le travail d’architecte, c’est lorsque je travaille sur des projets financés par des fonds publics et régis par des exigences liées à des modèles de financement très précis. Nous devons composer avec ces exigences pour faire avancer le projet, mais elles ne sont pas toujours adaptées aux particularités du projet. Il existe parfois de nouveaux ensembles de recherches fondées sur des données probantes qui démontrent que d’autres exigences pourraient être plus bénéfiques pour l’ensemble des parties prenantes. Il faut beaucoup de temps pour que les projets publics rattrapent les avancées de la recherche. Cela se produit dans des domaines allant de la durabilité et des pratiques de construction à la recherche fondée sur des données probantes pour les établissements de soins de longue durée.

5. Pourquoi ce domaine de défense des intérêts est-il important pour vous?

À un niveau général, mon travail en tant que coprésidente du groupe de travail sur les soins de longue durée est important parce que la façon dont nous prenons soin de nos populations les plus vulnérables en dit plus sur nous en tant que société que presque toute autre chose. Le nombre effarant de décès survenus dans les établissements de soins de longue durée pendant la pandémie m’a profondément bouleversée. Il existe une meilleure façon de faire. Toute mesure visant à soutenir les populations vulnérables et marginalisées profite à l’ensemble de notre société. Sur le plan personnel, nous vieillissons tous. En tant que membre de la génération « sandwich », nous tentons de prendre soin à la fois de nos parents vieillissants et de nos propres enfants. Créer de meilleurs espaces pour nos proches est essentiel, tant pour notre tranquillité d’esprit que pour leur bonheur et leur bien-être continus. Tôt ou tard, nous sommes tous confrontés à ce que signifie vieillir, et si je peux contribuer à améliorer cette réalité, nous en bénéficions tous.

6. Selon vous, qu’est-ce qui transformera ou façonnera le plus la pratique au cours des cinq prochaines années?

Les changements climatiques, avant tout. Les changements climatiques touchent d’abord les citoyens les plus vulnérables en raison des endroits où ils vivent, qui sont les plus affectés. Les personnes âgées ayant des problèmes de santé en subiront les conséquences. Les primes d’assurance augmenteront, forçant les propriétaires d’immeubles à prendre des mesures que nous tentons déjà d’aborder par la science du bâtiment, et les gouvernements devront intervenir pour s’assurer que leurs infrastructures sont prêtes. C’est énormément de travail à accomplir dans un contexte d’économie politique difficile.

7. Quel rôle voyez-vous pour l’IRAC et les architectes en matière d’action climatique, de vérité et réconciliation, d’équité et de justice, de réforme des processus d’approvisionnement, et d’autres enjeux importants?

L’IRAC et les architectes sont des acteurs clés pour créer les changements que nous devons voir se concrétiser. En tant qu’architectes, nous avons un devoir envers le public de concevoir des bâtiments et des espaces qui laissent un héritage positif pour l’avenir. Le fait que l’IRAC ne soit pas responsable de la délivrance des permis signifie qu’elle peut jouer un rôle de défense des intérêts d’une manière que les organismes provinciaux de réglementation ne peuvent pas, puisque les provinces soutiennent leur propre gouvernance. L’IRAC peut faire pression auprès de tous les ordres de gouvernement et dispose de programmes visant à sensibiliser le public, tant sur ce que nous pouvons faire que sur ce que la science identifie comme pratiques exemplaires pour presque toutes les formes du cadre bâti.

8. Quels conseils donneriez-vous à celles et ceux qui souhaitent s’impliquer davantage dans des causes de défense des intérêts liées à l’architecture?

Qu’il s’agisse de collecter des fonds pour un organisme sans but lucratif que vous appuyez, de devenir membre d’un groupe de travail pour l’une de nos normes, ou de faire du bénévolat pour représenter votre organisation professionnelle, il y a une place pour vous. Recherchez des occasions qui se situent à l’intersection de vos compétences et de vos passions. Elles sont partout. C’est ainsi que je me suis retrouvée au sein du groupe de travail sur les soins de longue durée : j’ai vu le courriel appelant à des candidatures. Mon expertise directe n’est pas aussi approfondie que celle de certains experts du comité, mais elle est connexe, et mes compétences sont surtout utiles pour mettre les autres en valeur. En me joignant au groupe de travail, puis en devenant coprésidente, j’ai pu soutenir les experts tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du groupe. Si vous arrivez avec une volonté d’apprendre et de servir, vous serez étonné des possibilités qui se présenteront.

9. Comment intégrez-vous la diversité, l’équité et l’inclusion dans votre milieu de travail, l’environnement bâti et votre bénévolat?

Dans notre bureau, je suis fière de faire partie d’un cabinet diversifié. Les collègues de mon bureau de taille moyenne, qui compte 30 personnes, parlent 17 langues différentes, et leurs perspectives sont essentielles pour mieux comprendre le monde dans lequel je vis. Dans mon travail bénévole, je me vois comme une personne en mesure de faire entendre des voix auxquelles on ne donne pas toujours de place, en m’appuyant sur l’expertise existante et, je l’espère, en créant un espace sécuritaire où les gens peuvent s’exprimer lorsqu’ils ont quelque chose d’important à dire. Dans mes projets, je travaille souvent avec des personnes marginalisées; il est donc essentiel de les amener à la table pour créer un projet qui leur correspond.

10. Que faites-vous en dehors de l’architecture?

J’écris pour moi-même afin de donner un sens à ce qui se passe dans le monde. Je fais du crochet. Et, chaque fois que possible, j’aime à la fois voyager et profiter de ce qui se passe là où je vis avec ma famille. Les nouvelles expériences apportent de nouvelles perspectives et contribuent à former des architectes plus complets.