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Conversation avec des étudiants en architecture : « Le pouvoir de changer le monde »

Par une belle journée ensoleillée de janvier, à Montréal, Maria Cook, de l’IRAC, s’est entretenue avec des étudiants de deuxième année en architecture de l’Université Carleton. Ce voyage à Montréal était pour eux une occasion de visiter un terrain pour leur nouveau projet, de voir des bâtiments intéressants et de rencontrer les architectes qui les avaient conçus. Comme ils visitaient d’anciens terrains industriels et réfléchissaient à de nouveaux usages, ils ont raconté comment ils en sont venus à étudier en architecture et ils ont parlé de leur vie d’étudiant dans une école d’architecture.

 

Zak Hamza, 19 ans, Newmarket (Ontario)

C’est exaltant! Il y a bien des moments stressants, mais ce sont des moments d’expression et de révélation. Des questions qui nous semblaient ennuyantes deviennent maintenant des sujets, des façons de penser ou des questions d’éthique des plus intéressantes. C’est pourquoi les professeurs jouent un rôle clé pour nous orienter dans nos idéaux architecturaux.

Je voulais être dans un domaine créatif. J’ai pensé que l’architecture était l’accord parfait, l’harmonie entre les arts et les sciences.

L’un des legs les plus importants d’une ville ou d’un pays, c’est son infrastructure et réaliser un projet marquant, c’est vraiment quelque chose de gros, c’est super!  

   

Alexis Kirkwood, 20 ans, Kanata (Ontario)

Quand j’étais en 7e année, j’avais une amie qui voulait devenir ingénieure et je voulais déjà être architecte. Nous pensions que nous pourrions ensemble créer un stade pour le joueur de hockey Sidney Crosby. Nous ne trouvions pas de stade réellement sympa et nous pensions que Sidney méritait ce qu’il y a de mieux. Nous nous sommes dit : « faisons-le ».

Ce que je préfère à l’école d’architecture, ce sont les ateliers où je peux concevoir et être inventif. On part d’un concept, puis on avance graduellement dans la création d’un bâtiment. À la fin, on devrait être capable de bâtir ce beau projet d’architecture.

   
Yara Tawfik, 20 ans, Toronto (Ontario)

Ce fut vraiment difficile de m’inscrire à partir de l’Égypte, parce que l’anglais n’est pas ma langue maternelle, c’est ma langue secondaire. J’ai obtenu mon diplôme d’études secondaires, puis je suis venue à Carleton. Toute ma famille s’est installée au Canada.

J’ai du talent en dessin et en peinture, alors j’ai pensé que cette profession me conviendrait bien. C’est beaucoup de travail, beaucoup de projets, mais j’aime vraiment cela. J’aime le dessin et la fabrication de maquettes et j’aime expérimenter des concepts et des idées.

   
Yoyo Tang, 20 ans, Toronto (Ontario)

Je viens de Hong Kong. J’ai grandi dans un milieu où il y a de nombreux bâtiments. Mon père est ingénieur en structure et il a toujours apporté des plans à la maison. Je suis la seule fille de la famille. Tous mes frères jouaient aux legos. Quand j’étais petite, je créais des espaces et je les remplissais de structures en legos. Je crois que c’est comme ça que j’ai commencé.

Je suis toujours fascinée de voir que nous avons des centaines de possibilités lorsqu’on nous demande de concevoir un nouveau projet, parce que nous provenons tous d’endroits différents et que nous avons différents parcours. Pendant les critiques, nous avons soudainement des tas d’idées; des idées auxquelles nous n’avions pas pensé. C’est pourquoi je suis toujours tellement fascinée par les espaces et les possibilités de les créer. Eh oui!

   

Laura Ye, 20 ans, Mississauga (Ontario)

Tous les jours, nous devons réfléchir. Pas seulement aux projets, mais aussi à ce qu’est un bon design et à ce qu’est un mauvais design. Nous parlons avec nos professeurs ou avec nos camarades de classe et nous partageons nos idées. Ça nous amène à pousser notre réflexion un peu plus loin.

Mon père est un designer de meubles. Quand j’étais plus jeune, je l’ai souvent vu dessiner des meubles. J’aimais son travail, j’aimais voir comment il utilisait le design et comment il créait des objets que les gens aimaient et achetaient.

J’ai une vision pour ma vie et je sens que j’ai un but à atteindre en architecture. Comme je suis multiculturelle et que je suis une nouvelle Canadienne, je veux créer un milieu ou un bâtiment ou un espace qui peut réellement permettre aux gens d’établir des liens et qui favorise le rassemblement de différents groupes de personnes.

   
Andrew Cornthwaite, 32 ans, Bowmanville (Ontario)

C’est vraiment bien d’être un étudiant en architecture, mais c’est difficile. C’est agréable parce qu’on apprend toutes ces techniques différentes et qu’on apprend à penser différemment. Tout le monde est réellement passionné et y met tout son cœur et il y a toujours quelqu’un pour nous aider après les heures de classe.

J’étais auparavant un fonctionnaire. Je travaillais dans une centrale nucléaire en tant qu’ingénieur. J’ai fait plusieurs voyages et j’ai observé l’architecture. J’ai visité le Portugal et l’Espagne avec une amie et son neveu. Je lui apprenais une foule de choses. J’ai réalisé que j’aimais l’architecture et que je devais changer ma vie. Mon épouse m’a appuyé. J’ai donc quitté mon emploi. Me voici étudiant en architecture et heureux de l’être.

   
Argel Javier, 20 ans, Ottawa (Ontario)

J’aime vraiment les ateliers parce que j’aime ce qui se rapporte à la construction. Je fais des maquettes tous les jours et je me sens bien lorsque je fais ça. Je compare cela au plaisir qu’éprouve l’amateur de café lorsqu’il boit un bon café.  
J’ai fait un semestre en études commerciales. Ce n’était pas pour moi. Je n’ai rien en commun avec ces gens. Nous pensons d’une façon tellement différente en architecture. Nous avons tous un sens artistique. Je suis très poétique. Mes camarades de classe peuvent comprendre ça.

J’ai une amie qui étudie en architecture. Quand je lui ai rendu visite et que j’ai vu tout ce qu’elle faisait, je me suis dit : « Wow! C’est ça que je veux! »

   
Danielle Myronyk, 20 ans, Ottawa

En 11e année, peu avant de m’inscrire à l’université, j’ai observé un architecte ami de la famille dans son bureau. Après cette expérience, j’ai vraiment su que c’est ce que je voulais faire.

Je me suis amusée avec les maquettes pour la gare de train léger à laquelle il travaillait. J’ai assisté à certaines consultations avec des clients.

Quand j’y repense, tout cela prend un autre sens. J’ai réalisé que certains bâtiments me touchent ou suscitent mon admiration. C’est maintenant logique que je les étudie. Dans mes visites à Montréal ou à New York, j’aime voir comment d’anciens bâtiments ont façonné la ville et comment les bâtiments ont façonné les gens.

   
Frangiscos Hinoporos, 20 ans, Ottawa

C’est un rêve qui se réalise. Je ne suis pas une personne qui brille dans des examens. J’excelle quand je peux réfléchir et consacrer du temps à ce que je fais. L’école d’architecture me permet de réaliser des projets et de faire quelque chose d’intéressant plutôt que d’essayer de mémoriser et de régurgiter de l’information.

Le sentiment d’avoir terminé un projet ou d’avoir créé quelque chose est vraiment gratifiant.

J’ai toujours voulu être architecte. J’ai grandi à Athènes. J’ai visité l’Acropole à plusieurs reprises et j’ai vu toutes ces ruines anciennes. C’était vraiment intéressant. C’est peut-être un peu pour ça, j’imagine, que j’ai voulu être architecte.

   
Sach Grewal, 19 ans, Toronto

J’ai toujours voulu faire de l’architecture. J’ai toujours aimé ça. J’ai beaucoup appris sur le design et sur le processus de réflexion qu’il comporte. C’est un élément critique dans chaque décision que l’on prend lorsqu’on tente de trouver une solution pour le design d’un bâtiment.

Je me suis toujours intéressé aux bâtiments en général, aux espaces dans lesquels vivent les gens.

Nous sommes toujours entourés de bâtiments. Je trouve que les architectes ont un réel pouvoir en créant des espaces pour les gens. Si j’ai l’occasion de le faire un jour, ce sera vraiment extraordinaire.

   

Corina Amarioarei, 19 ans, Mississauga

On passe toute la journée à l’intérieur. On aimerait bien aller à l’extérieur, mais on ne peut pas, parce qu’il faut travailler dans l’atelier. Mais on fait ce qu’on veut faire. Ce qui est le plus gratifiant, à la fin de la journée, c’est de réaliser qu’on a créé quelque chose et que ce quelque chose peut changer le monde.

À mon arrivée à l’université, je ne connaissais rien à l’architecture. Je ne savais même pas qui était Frank Gehry. Je croyais que l’architecture n’était qu’une question de gratte-ciel et de bâtiments plus ou moins monotones. J’ai réalisé qu’on peut faire tellement plus. C’est un domaine tellement intéressant!

J’ai d’abord voulu être animatrice, puis designer industrielle et styliste. J’ai finalement décidé que l’architecture était le meilleur choix.

   

Jonathan Caron, 21 ans, Gatineau

J’adore ça. J’ai toujours voulu être architecte, d’aussi loin que je me souvienne. Quand je deviendrai architecte, je serai le représentant de la quatrième génération d’architectes dans la famille. Mes deux oncles et une tante, mon grand-père et mon arrière-grand-père sont (ou ont été) des architectes. La passion est vraiment palpable dans la famille. C’est un rêve qui se réalise. Je maintiens la tendance et j’ai un énorme respect pour les réalisations de mes prédécesseurs. Je n’ai pas peur de travailler fort dans le domaine. C’est une merveilleuse combinaison d’art et de technique. Je découvre certains logiciels et c’est vraiment excitant. Je comprends aussi beaucoup mieux la responsabilité de l’architecte.
 

 

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