Guide de ressources de l’IRAC sur les reconnaissances territoriales
31, July 2024
31, July 2024
Partager
Aller à
Note : La ressource suivante est fournie à titre informatif seulement et n’a pas de caractère prescriptif. Il est recommandé de réfléchir à sa propre reconnaissance territoriale et de l’adapter selon le contexte. Les reconnaissances territoriales ne doivent pas être performatives ni formulaires. L’information présentée ici sera mise à jour périodiquement et doit être considérée comme un guide évolutif et en constante élaboration.
Clint Burnham, extrait de No Poems on Stolen Native Land (2010)
Je tiens à reconnaître que nous sommes sur une terre volée. Je tiens à reconnaître que nous sommes sur une terre empruntée. Je tiens à reconnaître que nous sommes sur une terre en souffrance. Je tiens à reconnaître que nous sommes sur une terre subtilisée. Je tiens à reconnaître le colonialisme académique. Je tiens à reconnaître le colonialisme militant. Je tiens à reconnaître que nous sommes sur une terre bureaucratique. Je tiens à reconnaître le colonialisme poétique. Je tiens à reconnaître avoir bu un verre d’eau il y a dix minutes sans avoir eu besoin de la faire bouillir d’abord. Je tiens à reconnaître la glace à l’intérieur des murs lorsque j’ai vécu au Labrador dans les années 1970, dans le cadre de l’occupation militaire des terres inu/inuit/indiennes. Je tiens à reconnaître que mon fils n’a pas de moisissure dans sa chambre.
Qu’est-ce qu’une reconnaissance territoriale?
« Les reconnaissances territoriales constituent une manière honnête et historiquement exacte d’honorer et de reconnaître les territoires traditionnels des Premières Nations, des Métis et/ou des Inuits. Elles peuvent être présentées verbalement ou visuellement, par exemple au moyen d’affiches, de courtes présentations théâtrales ou de simples salutations dites à voix haute. »
Tiré d’un article de Selena Mills, autrice autochtone, publié en mars 2019.
Selon l’Anishinaabe-kwe Wanda Nanibush, première conservatrice de l’art autochtone au Musée des beaux-arts de l’Ontario, les reconnaissances territoriales ont un objectif unique, peu importe leur forme : commémorer le lien fondamental qui unit les peuples autochtones à la terre — et rappeler que nous n’avons pas été, et ne pouvons pas être, effacés de celle-ci, notre première mère commune. « Elles sont un point de départ vers un changement dans la manière dont on perçoit et dont on parle de la terre », affirme-t-elle. « Elles contribuent à redéfinir la façon dont les gens se situent en relation avec les Premiers Peuples. »
Pourquoi offrir une reconnaissance territoriale?
Les reconnaissances territoriales constituent une première étape essentielle pour honorer les gardiens et gardiennes originels de la terre et de l’eau, et pour témoigner de la reconnaissance et du respect envers les peuples autochtones et les Premiers Peuples, tant d’hier qu’aujourd’hui. Elles créent une prise de conscience de la présence autochtone et des droits territoriaux au Canada, ainsi que de l’histoire et de l’héritage du colonialisme. Elles doivent être adaptées au territoire où nous vivons, au contexte dans lequel nous exerçons nos activités, et aux traités autochtones qui nous entourent.
Les reconnaissances territoriales sont une étape importante pour amplifier les voix des peuples autochtones et établir une relation significative avec nos collègues autochtones. Énoncer une reconnaissance territoriale au début d’un événement ou d’une réunion peut contribuer à ce que les personnes autochtones, métisses ou inuites se sentent en sécurité et les bienvenues. Toutefois, il est essentiel qu’une reconnaissance territoriale ne soit pas traitée simplement comme un geste protocolaire avant de passer à « l’ordre du jour ». Elle doit être une reconnaissance authentique et réfléchie du territoire et de ses gardiens originels, exprimant un engagement sincère envers le respect et la réconciliation.
L’IRAC s’engage à travailler en partenariat avec nos collègues autochtones pour promouvoir une approche plus inclusive, collaborative et respectueuse, fondée sur les 94 appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada et sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA).
Comment rédiger une reconnaissance territoriale?
Les éléments suivants devraient être inclus :
Nommer le ou les territoires où vous vivez, travaillez ou que vous visitez.
Expliquer pourquoi vous reconnaissez le territoire et quel est votre lien avec celui-ci.
Aborder les droits historiques des peuples autochtones, métis et inuits sur ce territoire.
Rendre la reconnaissance plus personnelle, sincère et significative; elle doit aussi être historiquement exacte.
Effectuer des recherches et des analyses historiques pour comprendre les complexités des traités et des territoires.
Comprendre les déplacements forcés et leur lien avec les reconnaissances territoriales.
Employer un langage approprié; utiliser les temps du passé, du présent et du futur.
Assurer la prononciation correcte des noms des nations, des lieux et des personnes que vous mentionnez.
Les reconnaissances territoriales devraient être formulées avec les intentions suivantes :
Sincérité, conscience de soi
Reconnaissance
Respect
Humilité, responsabilité
Relationnalité
Générosité
Transformation
Quand utiliser une reconnaissance territoriale?
Au début d’une réunion : réunion du personnel, réunion du conseil d’administration
Lors de rencontres avec des intervenants externes
Réunions de comités, groupes de travail et groupes de réflexion
Événements en ligne, webinaires, séances éducatives
Événements en personne, rassemblements publics
Conférences
Site Web de l’organisme, bloc de signature courriel du personnel
Dans les discours, présentations orales, publications, rapports ou autres documents officiels publiés par l’IRAC
Sur quel territoire suis-je?
Reconnaître la terre sur laquelle nous nous trouvons, c’est reconnaître la vérité. Reconnaître la vérité, c’est reconnaître les liens et les ruptures. Reconnaître les liens et les ruptures, c’est reconnaître les Nations qui prennent soin de notre mère. Reconnaître notre mère, c’est reconnaître la vérité. Reconnaître la vérité, c’est reconnaître qu’elle doit être au cœur de la conversation.
— Monique Aura, citation tirée de Whose Land
Reconnaître le territoire que vous occupez n’est pas seulement un geste de respect, mais une étape essentielle vers la réconciliation et la compréhension de l’histoire de l’Île de la Tortue. Identifier le territoire sur lequel vous vivez est important, car cela vous permet d’exprimer votre gratitude envers ceux dont vous occupez la terre, tout en sensibilisant aux cultures et aux histoires des Premières Nations, des Métis et des Inuits. Cela met en lumière les liens profonds qui unissent les peuples autochtones à leurs territoires, tout en reconnaissant que le colonialisme n’est pas seulement un enjeu historique, mais une oppression toujours présente.
Pour déterminer sur quel territoire vous vous trouvez, consultez la ressource suivante :
Native Land website(Native-Land.ca | Our home on native land). Cette ressource comprend une carte interactive où vous pouvez entrer votre adresse ou utiliser la carte pour zoomer sur votre emplacement précis. La carte affichera alors les territoires autochtones, les langues et les traités associés à cette zone. En explorant ces différentes couches, vous pourrez identifier les groupes des Premières Nations, des Métis et des Inuits liés à ce territoire. Cette ressource contribue à reconnaître et à respecter les gardiens originels et leur relation avec la terre et l’eau.
Que faire lors d’une réunion ou d’un événement avec plusieurs présentateurs? Une reconnaissance territoriale pancanadienne est-elle possible?
Parce qu’il existe des centaines de Premières Nations au Canada, il n’est pas possible de les représenter toutes avec exactitude dans une seule reconnaissance territoriale.
Si le temps le permet, il est recommandé que chaque intervenant indique d’où il provient et rende brièvement hommage aux territoires concernés, puis poursuive avec la reconnaissance générale suivante :
« Nous reconnaissons que les peuples autochtones sont les gardiens traditionnels de cette terre que nous appelons le Canada, sur laquelle nous nous réunissons aujourd’hui pour insérer l’objet de l’événement.
Nous reconnaissons l’oppression historique exercée sur les terres, les cultures et les gardiens originels de ce pays, et nous savons que nous avons un rôle à jouer pour remettre en question les héritages du colonialisme que nous partageons.
Nous reconnaissons notre devoir de défendre la restauration des droits des peuples autochtones et nous nous engageons dans un parcours de guérison. Nous remercions les plus de 630 Premières Nations, leurs membres et leurs ancêtres, qui ont pris soin de ces terres que nous partageons.
Prenons un court moment pour que chacun puisse réfléchir à sa propre reconnaissance territoriale et à sa relation avec la terre, et pour exprimer notre gratitude envers les divers peuples autochtones dont les ancêtres en ont pris soin pendant des siècles. »
Autres renseignements
L’histoire d’un territoire influence le type de formulation à utiliser. Un traité ou une entente territoriale moderne = territoire traditionnel.
Si les peuples autochtones n’ont jamais légalement cédé leurs terres au Canada = territoire traditionnel non cédé.
Évitez d’employer exclusivement le passé, puisque le colonialisme est un processus toujours en cours.
Ressources
Comment savoir à qui appartient le territoire? Utilisez cette ressource si vous n’êtes pas certain : www.nativeland.ca
Veuillez noter que, bien que la carte territoriale présentée ici soit une ressource précieuse, il est important de reconnaître qu’elle ne reflète pas toujours avec exactitude les territoires qui se chevauchent.
Comment en apprendre davantage sur l’histoire, les traités associés ou déterminer si le territoire est non cédé? Utilisez cette ressource si vous n’êtes pas certain.
Pour pratiquer la prononciation des noms des Nations, des lieux et des territoires, utilisez cette ressource si vous n’êtes pas certain :
Robinson, D., Hill, K. J. C., Ruffo, A. G., Couture, S., & Ravensbergen, L. C. (2019). Rethinking the practice and performance of Indigenous land acknowledgement. Canadian Theatre Review, 177(1), 20-30.
Allan, B., Simcoe, J., Perreault, A., Chenoweth, J., Biin, D., Hobenshield, S., & Wilson, J. (2018). Understanding Territorial Acknowledgement as a Respectful Relationship.Pulling together: A guide for teachers and instructors(pp. 45-46). BC campus.