L’Institut royal d’architecture du Canada reconnaît que l’intelligence artificielle transforme rapidement le contexte dans lequel l’architecture est pratiquée, enseignée et vécue. Les outils d’IA sont déjà utilisés dans l’ensemble de l’environnement bâti pour la recherche, la génération de concepts, la visualisation, le soutien à la documentation, l’analyse de données, l’évaluation de la durabilité, l’administration de projets et d’autres tâches. Utilisés de manière réfléchie, ces outils peuvent aider les architectes à améliorer leur efficacité, à élargir l’accès à l’information, à renforcer la recherche en conception, à appuyer la prise de décisions sensibles au climat et à améliorer les services offerts aux clients et aux collectivités. En même temps, l’IA soulève d’importantes questions professionnelles, éthiques, juridiques, pédagogiques et environnementales qui exigent un leadership attentif.
L’IRAC affirme que l’architecture est une profession centrée sur l’humain et au service de l’intérêt public. L’intelligence artificielle peut appuyer la pratique, mais elle ne remplace pas l’obligation de diligence de l’architecte, son jugement professionnel, sa responsabilité éthique ni son imputabilité quant au travail réalisé sous sa supervision. L’architecte demeure responsable de valider l’information, d’exercer un jugement critique, de protéger les intérêts des clients et du public, et de veiller à ce que les décisions qui touchent l’environnement bâti soient éclairées par l’expertise humaine, le contexte et les valeurs.
L’IRAC appuie une approche responsable de l’IA fondée sur les principes suivants :
- Primauté de l’intérêt public. L’utilisation de l’IA en architecture doit soutenir la santé, la sécurité, le bien-être, l’accessibilité, la durabilité et la qualité à long terme de l’environnement bâti.
- Supervision humaine et imputabilité. L’IA ne doit pas supplanter la responsabilité humaine ultime en matière de décisions architecturales, de services professionnels ou de résultats destinés au public.
- Intégrité de la conception et paternité des œuvres. Les architectes doivent utiliser l’IA de manière à respecter la paternité, la propriété intellectuelle et l’intégrité du processus de conception, et faire preuve de transparence lorsque l’IA contribue de manière significative aux résultats professionnels.
- Exactitude, fiabilité et examen critique. Les contenus, analyses, recommandations et images générés par l’IA doivent être examinés et vérifiés avant d’être utilisés dans la pratique, l’enseignement, la représentation ou les communications publiques.
- Protection des renseignements, confidentialité et sécurité. Les architectes et les firmes doivent protéger les renseignements confidentiels, exclusifs et personnels lors du choix et de l’utilisation des outils d’IA, et comprendre les risques liés à la saisie, au stockage, à la conservation des données et à l’entraînement des modèles.
- Équité et inclusion. Les systèmes d’IA peuvent reproduire ou amplifier des biais. Leur utilisation doit être abordée de manière critique afin d’éviter des résultats discriminatoires et de soutenir des processus de conception équitables, inclusifs et culturellement éclairés.
- Apprentissage, mentorat et avenir de la profession. À mesure que l’IA transforme les flux de travail, la profession doit veiller à ce que les étudiants, les stagiaires et les praticiens émergents continuent de développer des compétences de base, leur jugement et leur expérience grâce à des occasions de mentorat et de pratique significatives.
- Responsabilité environnementale. Les décisions relatives à l’adoption de l’IA doivent tenir compte des impacts environnementaux, y compris la consommation d’énergie et de ressources, en parallèle des avantages potentiels.
Conformément à ces principes, l’IRAC s’engage à :
- Faire progresser la formation pratique et le perfectionnement professionnel sur l’IA en architecture;
- Soutenir le dialogue entre la pratique, l’enseignement, la réglementation et les disciplines connexes;
- Élaborer et diffuser des lignes directrices sur l’utilisation responsable, notamment en ce qui concerne le jugement, la divulgation, la confidentialité, la paternité et les risques;
- Suivre l’évolution du droit, des politiques, des normes et de la pratique professionnelle au Canada et à l’international;
- Réviser périodiquement cette déclaration à mesure que la technologie, les données probantes et le cadre réglementaire évoluent.
L’IRAC encourage les architectes à aborder l’IA ni de manière irréfléchie ni avec crainte, mais avec curiosité, prudence et responsabilité professionnelle. L’avenir de l’architecture doit être façonné non seulement par la technologie, mais aussi par les valeurs, le jugement et le leadership au service de l’intérêt public de la profession.