{"id":38024,"date":"2025-10-07T22:04:09","date_gmt":"2025-10-08T02:04:09","guid":{"rendered":"https:\/\/staging.raic.symbiodev.xyz\/?post_type=showcase&#038;p=38024"},"modified":"2026-01-20T16:33:42","modified_gmt":"2026-01-20T21:33:42","slug":"laure-nolte","status":"publish","type":"showcase","link":"https:\/\/raic.org\/fr\/laureats-medailles\/laure-nolte\/","title":{"rendered":"Laure Nolte"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" width=\"944\" height=\"1024\" data-src=\"https:\/\/raic.org\/sites\/raic.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/nolte_laure_headshot-944x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-35045 lazyload\" data-srcset=\"https:\/\/raic.org\/sites\/raic.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/nolte_laure_headshot-944x1024.jpg 944w, https:\/\/raic.org\/sites\/raic.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/nolte_laure_headshot-276x300.jpg 276w, https:\/\/raic.org\/sites\/raic.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/nolte_laure_headshot-768x833.jpg 768w, https:\/\/raic.org\/sites\/raic.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/nolte_laure_headshot-300x326.jpg 300w, https:\/\/raic.org\/sites\/raic.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/nolte_laure_headshot.jpg 1000w\" data-sizes=\"(max-width: 944px) 100vw, 944px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 944px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 944\/1024;\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019\u00e9thique de l\u2019espace :<\/strong><br><strong>L\u2019architecture comme modalit\u00e9 de gu\u00e9rison<\/strong><br><strong>Laure Nolte<\/strong><br><strong>Bourses RAIC International Prize<\/strong><br><strong>26\/05\/2019<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u202fSi cela ne contribue pas \u00e0 me transformer d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, cela ne le fera probablement pas non plus pour les autres. Je suis pr\u00eate \u00e0 prendre de grands risques, mais seulement pour les choses qui semblent avoir un pouvoir illimit\u00e9 de gu\u00e9rison ici.\u202f\u00bb \u2013 Chani Nicholas<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que ma d\u00e9cision de devenir architecte soit une exp\u00e9rience plus r\u00e9cente, les graines ont \u00e9t\u00e9 sem\u00e9es sans que je m\u2019en rende compte il y a des ann\u00e9es, alors que j\u2019\u00e9tais adolescente. Ma belle m\u00e8re est tomb\u00e9e malade quand j\u2019avais quinze ans. On lui a diagnostiqu\u00e9 une scl\u00e9rose en plaques, une maladie progressive qui a lentement \u00e9rod\u00e9 ses capacit\u00e9s physiques. Apr\u00e8s deux ans, notre famille a d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019elle avait besoin de soins que nous ne pouvions plus offrir \u00e0 la maison, et il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019elle d\u00e9m\u00e9nagerait dans un \u00e9tablissement de soins de longue dur\u00e9e. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, j\u2019\u00e9tais encore tr\u00e8s jeune. Je n\u2019avais pas les ressources \u00e9motionnelles pour comprendre pleinement ce que ces changements signifiaient pour ma m\u00e8re, pour moi et pour notre vie ensemble. Nous pensions que le d\u00e9m\u00e9nagement \u00e9tait la meilleure option pour elle, mais rendre visite \u00e0 ma m\u00e8re dans son \u00e9tablissement \u00e9tait inconfortable m\u00eame dans les meilleures circonstances. Avec le recul, je r\u00e9alise que mon malaise intense dans l\u2019\u00e9tablissement de soins allait bien au-del\u00e0 de la col\u00e8re non r\u00e9solue face \u00e0 la maladie de ma m\u00e8re. Les espaces qui auraient d\u00fb faciliter des moments de connexion et de soins entre les membres de la famille \u00e9taient au contraire d\u2019une aust\u00e9rit\u00e9 institutionnelle frappante. Il n\u2019y avait aucune chaleur dans les mat\u00e9riaux choisis et aucune relation entre l\u2019espace et la qualit\u00e9 de la lumi\u00e8re. Il n\u2019y avait pas de lieux pour que les familles se rassemblent sans que cela ressemble \u00e0 des chambres d\u2019h\u00f4pital. Dans des moments de traumatisme et de maladie, nous devons mobiliser toutes nos ressources.<\/p>\n\n\n\n<p>Le design a une capacit\u00e9 profonde et une responsabilit\u00e9 \u00e9thique de soutenir les individus et les familles confront\u00e9s au traumatisme du deuil et de la perte. C\u2019est ici que ma plus grande douleur est devenue mon plus grand enseignement. Tisser mes valeurs fondamentales autour de la conscience de la capacit\u00e9 du design \u00e0 am\u00e9liorer la gu\u00e9rison \u00e9motionnelle et physique a \u00e9t\u00e9 mon appel \u00e0 l\u2019action dans le domaine de l\u2019architecture. De nouveaux pr\u00e9c\u00e9dents pour les typologies hospitali\u00e8res \u00e9mergent, renfor\u00e7ant la croyance en la capacit\u00e9 du corps humain \u00e0 gu\u00e9rir, comme l\u2019h\u00f4pital New North Zealand au Danemark con\u00e7u par Herzog et DeMeuron. Leur d\u00e9claration de conception se lit comme un manifeste pour cette nouvelle typologie : \u00ab\u202fL\u2019h\u00f4pital est entour\u00e9 par la nature et contient un jardin en son centre. Un b\u00e2timent horizontal est une typologie appropri\u00e9e pour un h\u00f4pital, car cela favorise les \u00e9changes : \u00e0 travers les diff\u00e9rents d\u00e9partements, les employ\u00e9s travaillent vers un objectif commun : la gu\u00e9rison de l\u2019\u00eatre humain malade.\u202f\u00bb Herzog et DeMeuron d\u00e9montrent que de simples interventions architecturales, comme la vue sur la nature depuis les chambres priv\u00e9es, l\u2019\u00e9clairage qui soutient les rythmes circadiens et l\u2019\u00e9change entre diff\u00e9rents sp\u00e9cialistes avec pour objectif commun la gu\u00e9rison du patient, peuvent faire une diff\u00e9rence immense pour une personne passant du temps dans un \u00e9tablissement de soins. Ces architectes appliquent \u00e9l\u00e9gamment les connaissances issues de l\u2019architecture cognitive pour cr\u00e9er un environnement de gu\u00e9rison holistique. C\u2019est ici que r\u00e9side le pouvoir du design.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis le d\u00e9but de mes \u00e9tudes en architecture, j\u2019ai saisi chaque occasion d\u2019explorer en profondeur le domaine en pleine expansion de la neuro-architecture. D\u00e9couvrir certaines recherches brillantes de Sarah Williams Goldhagen et Colin Ellard, \u00e0 l\u2019intersection des sciences cognitives et du design, a valid\u00e9 ma d\u00e9cision de devenir architecte, car cela m\u2019a ouvert les yeux sur des fa\u00e7ons mesurables et r\u00e9alisables d\u2019am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de vie gr\u00e2ce au design. Avec les avanc\u00e9es technologiques, nous en apprenons plus que jamais sur le cerveau humain. La plasticit\u00e9 neuronale est un ph\u00e9nom\u00e8ne continu : notre cerveau est capable d\u2019\u00e9voluer, de changer et de cr\u00e9er de nouvelles connexions neuronales. Cette d\u00e9couverte d\u00e9passe le domaine de la psychologie et a un impact direct sur de nombreux autres champs d\u2019\u00e9tude, y compris l\u2019architecture. Sarah Goldhagen, professeure depuis plus de dix ans \u00e0 la Graduate School of Design de Harvard, affirme : \u00ab\u202fLe fait que notre cerveau soit plasticien a d\u2019immenses implications pour la compr\u00e9hension de la cognition : cela r\u00e9v\u00e8le que, lorsque nous apprenons, nos cerveaux changent de forme, se reconfigurent tout au long de notre vie, nos esprits changent et sont litt\u00e9ralement fa\u00e7onn\u00e9s par nos exp\u00e9riences dans les environnements physiques que nous habitons.\u202f\u00bb Que nous en soyons conscients ou non, les espaces que nous habitons ont des effets positifs ou n\u00e9gatifs sur nos corps.<\/p>\n\n\n\n<p>Comprendre les effets du monde physique et mat\u00e9riel sur les processus cognitifs, et appliquer ces connaissances au design de mani\u00e8re \u00e0 maximiser l\u2019exp\u00e9rience et la qualit\u00e9 de vie des humains, est une exploration continue dans mon travail. Les b\u00e2timents peuvent nuire, mais ils peuvent aussi gu\u00e9rir. Gr\u00e2ce aux technologies en expansion, il est d\u00e9sormais possible de recueillir des donn\u00e9es sur les r\u00e9ponses physiologiques du corps humain \u00e0 l\u2019environnement b\u00e2ti, \u00e0 la configuration spatiale et \u00e0 la mat\u00e9rialit\u00e9. Ces nouvelles informations peuvent guider les d\u00e9cisions architecturales vers un environnement plus favorable \u00e0 la gu\u00e9rison. Je crois que nous pouvons prosp\u00e9rer en tant qu\u2019humains, m\u00eame lorsque nous sommes malades. Je crois en la capacit\u00e9 du corps humain \u00e0 gu\u00e9rir dans les bons environnements. Je crois qu\u2019\u00e0 travers le pouvoir de l\u2019architecture, nous pouvons concevoir des environnements de gu\u00e9rison. Je crois qu\u2019avec la connaissance et l\u2019application des neurosciences, nous pouvons \u00e9lever la capacit\u00e9 de l\u2019architecture \u00e0 cr\u00e9er des espaces inclusifs et th\u00e9rapeutiques. Avec un corpus croissant de donn\u00e9es mesurables, le domaine de l\u2019architecture a la responsabilit\u00e9 \u00e9thique d\u2019int\u00e9grer les recherches issues des \u00e9tudes cognitives dans la pratique.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui m\u2019appara\u00eet d\u00e9sormais clairement, apr\u00e8s avoir pass\u00e9 mes ann\u00e9es d\u2019adolescence \u00e0 rendre visite \u00e0 ma m\u00e8re dans un \u00e9tablissement de soins de longue dur\u00e9e, c\u2019est que cette exp\u00e9rience douloureuse est devenue ma lumi\u00e8re guide vers le domaine de l\u2019architecture. J\u2019ai une vision pour mon avenir en architecture qui passe par la mobilisation de toutes mes ressources et par le fait de laisser mes exp\u00e9riences pass\u00e9es devenir le tremplin pour atteindre mes objectifs architecturaux. La beaut\u00e9 de ce processus est que ma propre gu\u00e9rison devient \u00e9galement possible gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9tude de l\u2019architecture. Avant de commencer chaque projet de design, j\u2019\u00e9cris une note \u00e0 accrocher dans mon atelier : \u00ab\u202fJe suis pr\u00eate \u00e0 transformer cet espace, et je suis pr\u00eate \u00e0 \u00eatre transform\u00e9e par le processus.\u202f\u00bb<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false},"showcase-filter":[624],"class_list":["post-38024","showcase","type-showcase","status-publish","hentry","showcase-filter-prix-international-raic"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/raic.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/showcase\/38024","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/raic.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/showcase"}],"about":[{"href":"https:\/\/raic.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/showcase"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/raic.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=38024"}],"wp:term":[{"taxonomy":"showcase-filter","embeddable":true,"href":"https:\/\/raic.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/showcase-filter?post=38024"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}